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Pourquoi avons-nous parfois l'impression qu'une partie de nous veut avancer… tandis qu'une autre hésite ?

Un regard trauma-sensible sur notre paysage intérieur


"J'aimerais vraiment me lancer… et pourtant, quelque chose en moi hésite."

Vous avez peut-être déjà vécu cette expérience.


Une partie de vous a envie de commencer un nouveau projet.


Une autre préfère prendre encore un peu de temps.


Une partie souhaite exprimer ce qu'elle pense.


Une autre choisit d'observer avant d'agir.


Une partie aspire au changement.


Une autre se sent plus en sécurité dans ce qui est déjà connu.


Ces mouvements intérieurs font partie de nombreuses expériences humaines.


Et si, au lieu d'y voir une contradiction, nous les regardions avec un peu plus de curiosité ?


Quand différentes parties de nous s'expriment


Dans certaines approches, ces mouvements intérieurs sont décrits à l'aide du modèle des différentes parties de soi.


Il ne s'agit pas de dire que nous serions composés de plusieurs personnalités.


Ce modèle propose plutôt une manière de comprendre pourquoi des besoins, des émotions ou des élans différents peuvent être présents en même temps.


Peut-être connaissez-vous des situations comme celles-ci :


Vous vous réjouissez d'un nouveau projet… tout en ressentant une certaine retenue.
Vous souhaitez poser une limite… mais les mots ne viennent pas.
Vous aspirez à davantage de calme… et, en même temps, vous avez le sentiment qu'il faudrait continuer à avancer.

D'un point de vue trauma-sensible, la question n'est pas de savoir quelle partie a raison.


Il peut être plus intéressant de se demander :

Quelle fonction cette partie remplit-elle peut-être dans cette situation ?

Chaque partie peut porter une expérience, une intention ou une manière particulière de contribuer à notre équilibre.


Les considérer avec curiosité ne signifie pas qu'il faille être d'accord avec chacune de leurs réactions.


Cela peut simplement ouvrir un espace pour mieux comprendre ce qui se joue.



Le rôle du système nerveux


Notre système nerveux participe en permanence à la manière dont nous percevons notre environnement.

Au fil de nos expériences, il se façonne progressivement et devient plus sensible à certains indices qu'à d'autres.


Selon les situations, différentes réponses peuvent alors émerger.


Certaines favorisent l'exploration, l'apprentissage ou la coopération.
D'autres invitent davantage à la prudence, à l'observation ou au retrait.

Ces réactions peuvent être comprises comme des stratégies d'adaptation qui se sont développées au fil du temps.


Leur signification ne peut pas être déduite de l'extérieur.


Elle prend sens dans l'histoire, le contexte et l'expérience propre à chaque personne.


Un regard trauma-sensible invite ainsi à remplacer les explications rapides par une observation plus attentive de ce qui se manifeste dans une situation donnée.



La métaphore de la carte


J'aime la métaphore de la carte.


Non pas parce qu'elle apporte des réponses toutes faites.


Mais parce qu'elle nous rappelle que nous ne connaissons pas encore tous les paysages qui nous habitent.
Sur une carte, certains chemins sont familiers.
Nous les empruntons presque sans y penser.
D'autres restent moins accessibles.
Et il existe parfois des espaces encore inexplorés.

Cela ne signifie pas qu'ils soient vides.


Peut-être n'avons-nous simplement pas encore eu l'occasion de les découvrir.


Il peut en être de même pour certaines de nos ressources.


La confiance.
La créativité.
La capacité à poser des limites.
Le courage d'essayer autrement.
Ou encore la possibilité de prendre soin de soi.

Plutôt que de nous demander ce qui nous manque, une autre question peut parfois être plus féconde :

Dans quelles conditions ces ressources pourraient-elles devenir plus accessibles ?

Cette perspective invite moins à se transformer qu'à explorer progressivement un territoire encore peu connu.



Comprendre avant de vouloir changer


Face à une difficulté, notre premier réflexe est souvent de vouloir qu'elle disparaisse.

Une autre démarche est pourtant possible.


Avant de chercher à modifier une réaction, nous pouvons commencer par l'observer.


À quel moment apparaît-elle ?
Dans quel contexte ?
Que cherche-t-elle peut-être à préserver ?
Quelle fonction remplit-elle dans cette situation ?

Ces questions ne visent pas à tout expliquer.


Elles invitent plutôt à mettre en relation différents éléments de notre expérience : notre histoire, notre environnement, nos relations, notre corps et notre manière de vivre une situation aujourd'hui.


Cette compréhension ne transforme pas nécessairement les choses à elle seule.

En revanche, elle peut ouvrir de nouvelles possibilités d'action.



Développer nos ressources


Nous parlons souvent de développer notre potentiel.


Cette expression peut laisser penser qu'il faudrait devenir quelqu'un d'autre.


Et si le développement consistait plutôt à créer les conditions permettant à certaines ressources de se déployer davantage ?

Comme un arbre qui grandit grâce à la qualité du sol, à la lumière, à l'eau et au temps, nos ressources semblent elles aussi influencées par les conditions dans lesquelles nous évoluons.


Cette image ne prétend pas expliquer toute la complexité du développement humain.


Elle nous rappelle simplement que le contexte compte.



Une invitation à explorer


Je ne crois pas qu'il existe une réponse unique aux difficultés que nous rencontrons.


En revanche, il m'arrive d'observer que certaines questions ouvrent davantage de possibilités que d'autres.


Et si ce qui semble aujourd'hui nous freiner avait, dans un autre contexte, contribué à nous protéger ?
Et si certaines ressources étaient déjà présentes, mais plus facilement accessibles dans certaines conditions que dans d'autres ?
Et si la curiosité nous aidait parfois à regarder une situation autrement ?

Explorer notre paysage intérieur ne consiste peut-être pas à devenir une meilleure version de soi-même.


Il s'agit plutôt d'apprendre, pas à pas, à mieux connaître les chemins qui nous habitent, afin d'élargir progressivement notre liberté de choisir ceux que nous souhaitons emprunter.



Pour poursuivre la réflexion…


Dans mes accompagnements, mes formations et les groupes d'analyse des pratiques, je propose un regard trauma-sensible qui relie le fonctionnement du système nerveux, les relations et le développement des compétences.


Mon intention n'est pas d'apporter des réponses toutes faites, mais d'offrir un espace où il devient possible d'observer ce qui se joue, de faire des liens et d'explorer ensemble de nouvelles possibilités d'action.



 
 
 

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