Pourquoi est-il parfois si difficile de changer, même quand on le veut ?
Stress, anxiété, épuisement et relations : mieux comprendre nos réactions pour retrouver de nouvelles possibilités.
Tu t'es peut-être déjà dit : « La prochaine fois, je réagirai autrement. »
Tu aimerais réussir à dire non sans culpabiliser, ne plus t'énerver aussi vite, moins t'inquiéter ou arrêter de prendre certaines remarques trop à cœur.
Tu sais ce que tu voudrais changer. Tu as peut-être même déjà beaucoup réfléchi à la question.
Et pourtant, quand une situation semblable se présente, tu te retrouves à réagir comme avant.
Alors tu t'en veux. Tu te dis que tu manques de volonté, de confiance en toi ou que tu devrais pourtant être capable de faire autrement.
Mais est-ce vraiment une question de volonté ?
Quand le stress prend le dessus
Imagine une discussion avec ton conjoint, un collègue ou une personne de ton entourage.
Une remarque te blesse. Tu sens la tension monter. Tu commences à te justifier, tu parles plus fort que prévu ou tu cherches à tout prix à te faire comprendre.
Peut-être est-ce l'inverse : tu te tais, tu n'arrives plus à trouver tes mots ou tu préfères éviter la discussion.
Plus tard, tu repenses à cet échange et tu te demandes pourquoi tu as réagi ainsi.
Lorsque nous vivons une situation stressante, notre organisme se mobilise pour y faire face. Notre rythme cardiaque peut s'accélérer, nos muscles se contracter et notre attention se concentrer sur ce qui nous inquiète.
Si le stress devient trop important, il peut être plus difficile de réfléchir calmement, d'écouter l'autre ou de prendre du recul.
Et nous ne réagissons pas tous de la même manière.
Certaines personnes s'agitent, cherchent immédiatement une solution ou essaient de garder le contrôle. D'autres s'éloignent, se taisent ou ont l'impression de rester bloquées.
Quand nos réactions se renforcent mutuellement
Dans une relation, nos réactions peuvent aussi s'influencer les unes les autres.
Imagine un couple qui vient de se disputer.
L'une des personnes voudrait absolument régler le problème tout de suite. L'autre se sent dépassée et demande une pause.
Mais plus elle se retire, plus la première s'inquiète et insiste. Et plus la première insiste, plus la seconde ressent le besoin de s'éloigner.
La discussion tourne en rond. Chacun se sent incompris et la tension monte.
Il ne s'agit pas forcément d'un manque de bonne volonté. Les deux personnes peuvent vivre la situation très différemment et chercher, chacune à sa manière, à faire face au stress.
Comprendre cette dynamique peut aider à sortir de la recherche d'un coupable. Peut-être que l'une a besoin d'être rassurée sur le fait que la discussion reprendra, tandis que l'autre a besoin d'un peu de temps pour retrouver son calme.
Cela ne signifie pas que toutes les situations sont équivalentes. Lorsqu'une relation comporte de la violence, de l'intimidation ou du contrôle, la sécurité et la protection de la personne concernée restent prioritaires.
Nos réactions ont aussi une histoire
Tout au long de notre vie, nous apprenons à nous adapter à notre environnement et aux personnes qui nous entourent.
Certaines habitudes deviennent tellement familières que nous n'y réfléchissons presque plus.
Prenons l'exemple d'une personne qui a beaucoup de mal à dire non.
Elle accepte régulièrement de rendre service, même lorsqu'elle est déjà fatiguée. Elle prend des responsabilités supplémentaires et finit par se sentir épuisée.
Elle sait qu'elle aurait besoin de poser des limites. Pourtant, au moment de refuser, quelque chose la retient.
Elle craint peut-être de décevoir ou de ne plus être appréciée.
Une autre personne peut rencontrer la même difficulté pour des raisons très différentes.
Elle manque peut-être de soutien ou évolue dans un environnement où ses limites sont peu respectées.
Un même comportement ne signifie donc pas forcément la même chose pour tout le monde.
Certaines de nos habitudes ont pu nous aider, à un moment de notre vie, à faire face à des situations difficiles ou à préserver des relations. Aujourd'hui, elles peuvent au contraire nous compliquer la vie.
Cela ne veut pas dire que toutes nos difficultés viennent de notre enfance ou d'un traumatisme. Nos conditions de vie actuelles, nos relations et les pressions que nous subissons comptent aussi.
Quand l'inquiétude ou l'épuisement prennent de la place
Peut-être que, pour toi, la difficulté n'est pas tant de dire non.
Tu anticipes constamment ce qui pourrait mal se passer. Tu repenses longtemps à une conversation, tu te demandes si tu as fait quelque chose de travers ou tu essaies de prévoir toutes les difficultés possibles.
Même lorsque tout semble aller bien, tu as du mal à te détendre.
Ou peut-être que tu as pris l'habitude de tenir bon et de continuer malgré la fatigue.
Au travail, à la maison, dans tes relations, tu essaies de répondre aux attentes et de gérer ce qui doit être fait. Tu repousses tes propres besoins à plus tard.
Jusqu'au moment où tu réalises que tu n'as presque plus d'énergie pour toi.
Lorsqu'on est parent, cette fatigue peut aussi se faire sentir dans la relation avec ses enfants.
Peut-être que tu te surprends à t'énerver pour des petites choses, alors que tu aimerais réagir avec davantage de patience. Ensuite, tu culpabilises et tu te promets de faire autrement.
Mais le lendemain, avec la fatigue et les sollicitations qui s'accumulent, la même situation se reproduit.
Ces expériences peuvent être liées à un stress prolongé ou à une surcharge devenue difficile à supporter.
Lorsque l'épuisement devient intense et durable, il mérite d'être pris au sérieux. Toute période difficile ne signifie pas qu'il s'agit d'un burn-out. L'épuisement professionnel et le burn-out parental sont des réalités distinctes, qui vont au-delà d'une simple fatigue et peuvent nécessiter un accompagnement adapté.
Et si nous cherchions d'abord à comprendre nos réactions ?
Face à une difficulté qui revient, nous avons souvent tendance à nous juger.
« Je suis trop sensible. »
« Je réfléchis beaucoup trop. »
« Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à poser mes limites ? »
« Les autres y arrivent bien, eux. »
Ces petites phrases peuvent finir par peser lourd.
Et si nous prenions plutôt un moment pour observer ce qui se passe, avec un peu de curiosité ?
Tu peux, par exemple, repenser à une situation récente où tu as ressenti de la pression, de la contrariété ou un sentiment de débordement.
Qu'est-ce qui t'a particulièrement touché dans cette situation ? Quelles pensées te sont venues ? Qu'aurais-tu eu envie de faire ou de dire ?
Et si tu prêtais aussi attention à ton corps ?
Peut-être as-tu remarqué que tes épaules se contractaient, que ton cœur battait plus vite ou que tu avais une boule dans le ventre.
Ou peut-être n'as-tu rien remarqué de particulier.
C'est tout aussi possible.
Il ne s'agit pas de chercher à ressentir quelque chose à tout prix. Si porter ton attention sur ton corps est inconfortable, tu peux simplement observer ce qui se passe autour de toi.
Tu peux aussi te demander :
Qu'est-ce qui me met particulièrement sous tension ?
Qu'est-ce que j'essaie de préserver ou d'éviter ?
De quoi aurais-je besoin dans cette situation ?
Les réponses ne sont pas toujours évidentes.
Parfois, nous découvrons progressivement que certaines réactions sont liées à nos besoins, à nos inquiétudes, à nos limites ou à des expériences passées.
Il ne s'agit pas de devoir tout comprendre ou tout changer immédiatement.
Parfois, commencer à reconnaître ce qui se passe en nous représente déjà un pas important.
Pourquoi comprendre ne suffit-il pas toujours ?
Tu as peut-être déjà beaucoup réfléchi à certaines de tes difficultés.
Tu as lu des livres, écouté des podcasts ou essayé de comprendre pourquoi certaines situations te touchent particulièrement.
Et pourtant, la fois suivante, ta réaction revient.
C'est frustrant.
Nos réactions ne dépendent pourtant pas uniquement de ce que nous savons ou décidons consciemment. Elles peuvent aussi être liées à nos émotions, aux réactions de notre corps face au stress et à des habitudes profondément installées.
C'est pourquoi le changement ne passe pas toujours seulement par la réflexion.
Il peut aussi être utile d'apprendre à reconnaître plus tôt les signes de stress et d'expérimenter progressivement d'autres manières de faire.
Par exemple, si tu as tendance à répondre immédiatement oui à toutes les demandes, tu pourrais commencer par t'autoriser à dire :
« Je vais regarder si c'est possible et je te répondrai. »
Cela paraît peu de chose.
Pourtant, si tu as l'habitude d'accepter avant même de réfléchir à tes propres besoins, prendre ce petit temps peut déjà représenter une nouvelle expérience.
Et toi ? Y a-t-il une situation dans laquelle tu aimerais réagir autrement ? Quel petit changement pourrais-tu essayer la prochaine fois ?
Une même difficulté, des besoins différents
Reprenons notre exemple des personnes qui ont du mal à dire non.
Pour l'une, il pourrait être utile de mieux reconnaître les premiers signes d'épuisement.
Pour une autre, le plus difficile sera peut-être d'accepter que quelqu'un puisse être déçu ou en désaccord avec elle.
Une autre encore aura surtout besoin de changements dans son organisation quotidienne ou de davantage de soutien de son entourage.
La difficulté semble similaire, mais les raisons qui se trouvent derrière et les besoins de chacun peuvent être très différents.
C'est un aspect important de l'accompagnement sensible aux traumatismes, tel que je le conçois.
Ne pas tirer de conclusions trop rapides. Ne pas supposer que chaque difficulté est liée à un traumatisme. Et ne pas chercher à appliquer la même méthode à tout le monde.
Il s'agit plutôt de prendre en compte la situation de chaque personne, ses expériences, ses ressources et ce qui pourrait réellement l'aider.
Dans mon travail de coach, j'utilise différentes approches et différents outils selon les situations.
Parfois, nous prenons le temps de mettre des mots sur ce qui se passe. À d'autres moments, un support visuel, une nouvelle perspective ou une petite expérience concrète peuvent aider à voir les choses autrement.
Pour moi, ce n'est pas la méthode qui doit être au centre, mais la personne.
Changer peut prendre du temps
Lorsqu'une réaction nous pose régulièrement problème, nous aimerions souvent nous en débarrasser le plus vite possible.
Mais cette attente peut parfois nous mettre encore davantage sous pression.
Et si nous n'avions pas besoin de tout changer d'un coup ?
Peut-être que le premier pas consiste simplement à remarquer que la tension monte.
À s'autoriser quelques instants avant de répondre.
Ou à reconnaître que nous avons besoin de soutien, plutôt que d'essayer de tout gérer seuls.
Nos relations peuvent aussi nous permettre de vivre de nouvelles expériences : lorsque nous nous sentons écoutés, lorsque nos limites sont respectées ou lorsque nous découvrons qu'un désaccord ne mène pas nécessairement à un conflit.
Petit à petit, ces expériences peuvent nous aider à envisager d'autres façons de réagir.
Et si le premier changement était de mieux te comprendre ?
Tu t'es peut-être reconnu dans certaines des situations évoquées.
Tu as tendance à trop t'adapter, tu t'inquiètes facilement, tu as du mal à poser tes limites ou tu sens que ton énergie diminue au fil des semaines.
Peut-être aimerais-tu aussi comprendre pourquoi certaines tensions reviennent régulièrement dans tes relations.
Il n'existe pas une seule explication à ces difficultés, ni une solution qui conviendrait à tout le monde.
Mais nous pouvons apprendre à mieux comprendre nos réactions, à reconnaître ce dont nous avons besoin et à découvrir progressivement d'autres possibilités.
C'est dans cet esprit que je conçois mes accompagnements : prendre le temps de comprendre ta situation, réfléchir ensemble et chercher des pistes qui tiennent compte de ta réalité.
Sans avoir à tout changer d'un coup.
Parfois, commencer à regarder une difficulté autrement permet déjà d'ouvrir de nouvelles perspectives.




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